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Pays toujours en pleine effervescence, la Thaïlande ne cesse d'évoluer. Pour aller encore plus de l'avant, le royaume améliore son organisation, ses infrastructures et du coup change de visage, d'habitudes, de mentalité. La crise de '97 a quelque peu bouleversé cette mutation, mais qu'importe, le travail continue. Sapaluck Taechapongstorn, professeur de français à l'Université de Thammasat à Bangkok, nous décrit quelques changements qu'a connu sa ville.
 © http://www.bangkok-thailande.org
Colossal immeuble en construction sur Ratchadamri road Bangkok.

B-T: Depuis la crise, la mentalité des Thaïlandais a-t-elle changé?
S.T.: "Dès le début de la crise, le gouvernement avait lancé des campagnes de communication pour faire appel à la solidarité nationale. Il demandait à la population d'acheter des produits du pays, de voyager à l'intérieur des frontières du royaume, afin de garder l'argent en Thaïlande. Il y a eu aussi beaucoup de promotions pour les produits de l'artisanat local. Avant la crise, dans les grands centres commerciaux, on voyait plutôt les marques des produits étrangers importés. Maintenant, on voit plus d'espaces, de rayons dédiés à la vente des produits du pays, comme la soie par exemple".

B-T: Les Thaïlandais ont-ils joué le jeu de la consommation nationale?
S.T.: "Certainement. En tous cas, au début de la crise, il y a eu beaucoup moins de voyages à l'étranger. Pour preuve, les magasins de produits détaxés de Paris qui employaient du personnel thaï pour vendre aux touristes thaïlandais, ont dû licencier. Il n'y avait plus assez de visiteurs thaïlandais en France, à cette période. Mais, au début de la crise, les gens étaient peut-être plus prévoyants. Ils ne voulaient pas dépenser trop d'argent et faire des économies. Mais à présent, on pense un peu moins à la crise, la situation commence à s'améliorer. Les gens reviennent tout doucement à leurs habitudes. Et dépensent à nouveau ".

Vendeur de sandwichs de la société Sirivat Sandwich sur Ratchadamri road Bangkok.
 .Bangkok avant et après la crise
Bangkok-Thaïlande: Le changement dans un pays se matérialise souvent par l'amélioration physique, notamment dans sa capitale. Quelles ont été les grandes métamorphoses évidentes à Bangkok les 10/15 dernières années? Quels ont été les moteurs?
Sapaluck Taechapongstorn: "On a pu voir continuellement l'évolution de la ville. Il y a eu beaucoup de nouvelles constructions de routes, de buildings, notamment au début des années 90. Les hommes politiques souhaitaient donner une autre dimension au pays et avec de grandes entreprises nationales, ils ont fait appel à des capitaux étrangers. Avec l'appui de "joint ventures" et le soutien de banques étrangères qui ont accordé des crédits, la Thaïlande a construit. Mais la crise économique de '97 et la dévaluation du baht, juste après, ont freiné cette évolution."

B-T: Quelles ont été les influences de ces mouvements sur la population?
S.T.: "A cette époque (fin des années 80, début des années 90), beaucoup d'habitants de la province, qui n'avaient pas de travail dans leur région, sont venus s'installer à Bangkok pour trouver des emplois sur ces chantiers et dans de nouvelles entreprises".

B-T: Que s'est-il passé pour ces gens au moment de la crise. Sont-ils repartis dans leur province? Comment les habitants de Bangkok se sont-ils organisés?
S.T.: "Nombreux sont ceux qui sont restés à Bangkok. Ils ont cherché malgré tout du travail, dans d'autres domaines, comme chauffeur de taxi... Par ailleurs, on a pu remarquer la création de nouveaux métiers (depuis '97), comme par exemple la "vente dans le coffre de voiture". Les gens, qui ont perdu leur emploi suite à la fermeture de leur entreprise, vendaient des articles d'occasion dans le coffre de leur voiture. C'est à ce moment-là, que l'on a vu de plus en plus de petits "marchés en plein air" de ce type se monter un peu partout dans la ville. Au départ, ils vendaient leur objets personnels et par la suite, c'est devenu un réel commerce. Depuis ce temps, même les espaces devant les grands centres commerciaux sont utilisés pour les petits marchés. Avant la crise, ça n'existait pas".

B-T: Y-a-t-il des exemples de reconversions réussies ?
S.T.: "Il y a un homme d'affaire qui est devenu très célèbre suite au succès de sa reconversion après la faillite de son entreprise en '97. Avant la crise, il était dans l'immobilier et maintenant, il vend des sandwichs. Il a demandé à ses employés qui voulaient rester avec lui de vendre des sandwichs dans la rue. Il est un bel exemple de réussite et de combativité. Aujourd'hui, Sirivat Voravetvuthikun est souvent cité en exemple. Et il y en a beaucoup d'autres comme celui-ci en Thaïlande".
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Pour le pays, le sourire
et la cuisine thaïe
Je n'étais
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Le Thaï
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tolérant. Trop tolérant
On dit que c'est le pays du sourire, c'est vrai
En Thaïlande, voir autre
chose que Bangkok
Il faut donner une autre
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