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>> Aujourd’hui, prendre les
eaux est démodé, faire une
cure vulgaire, aller en thalasso ringard,
entrer dans un salon de massage mesquin.
Tout le monde sait à Bangkok qu’il
n’y a que le spa qui puisse vous procurer
la délicieuse sensation d’appartenir
à cette élite branchée
que les responsabilités (et les dîners)
fatiguent outrageusement. Connaissez-vous
le dernier spa ?
A cette question, vous êtes en droit
de demander : lequel ? Il n’y a pas un hôtel
qui s’ouvre sans s’autoproclamer "Resort
and Spa". Avec la capacité d’adaptation
qui les caractérisent, les Thaïlandais
vous transforment en un clin d’il
une paillote bambou en spa exotique: quelques
jarres en grès vernissé, un
bas flanc en faux teck, une brassée
d’orchidées, des pétales de
fleurs immergés dans des coupes,
un parfum d’ambiance, une musique planante
et les clients sont déjà là.
Prendrez-vous un bain aux algues ou un massage
à l’écorce de bois de rose?
Vous qui mettez d’ordinaire le jus de tamarin
dans vos crevettes sautées, que diriez-vous
d’un nettoyage de peau au moyen de cet ingrédient?
Si vous n’aimez pas vous priver de café,
ça tombe bien: on vous en propose
double dose pour vous désintoxiquer
la tête et le corps (en décoction?
en massage? en intraveineuse?)…
Les adeptes du spa sont invités à
vider leur frigo et les placards de leur
cuisine: cumin, gingembre, noix de coco,
citronnelle, sel, menthe, marjolaine, miel,
thé méritent mieux que l’usage
qui leur est habituellement réservé.
Ils peuvent aussi aller à la pêche
aux algues, ingrédient chic rescapé
de la pharmacopée ringarde de la
thalassothérapie. Se baigner dans
la mer devient inutile, puisqu’on vous offre
des bains d’eau salée près
de chez vous, où les remous remplacent
les mouvements de natation. Cela vous économise
l’essence et l’hôtel, mais pour le
reste, il ne faut pas rêver: la plupart
des spa acceptent les cartes de crédit.
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